Céphalopodes crétacés

Introduction

Sommaire < Introduction > Tableau 1 : Sucession hémèrale

L’étage Aptien a été introduit dans la littérature géologique par A. d’Orbigny en 1840 à partir de la faune d’Ammonites des environs immédiats d’Apt (Vaucluse).

Trois sections ont été distinguées dans cet étage :

  • l’Aptien inférieur ou Bédoulien à partir de la localité de La Bédoule, près de Cassis (Bouches du Rhône),
  • l’Aptien moyen ou Gargasien pour les faunes de Gargas, localité limitrophe d’Apt (Vaucluse),
  • l’Aptien supérieur ou Clansayésien fondé sur la localité de Clansayes (Drôme).

 

Dans le sud-est de la France (Vaucluse, Bouches-du-Rhône, --Hautes-Alpes, Drôme, Alpes de Haute-Provence, Alpes Maritimes) de nombreux sites ont fourni jadis de très importantes faunes d’ammonites épigénisées en pyrite de fer. Malheureusement, ce mode de fossilisation s’avère très sensible à l’altération par les éléments atmosphériques, de sorte que les collections anciennes, renfermant les types, ont été très largement détruites.

Par ailleurs, le mode de fossilisation par épigénisation ne porte que sur les tours internes, cloisonnés, du Céphalopode, de sorte que les stades adultes ne sont pas conservés. Il est nécessaire, pour les étudier, de se reporter sur les faunes d’autres régions : Californie, Caucase…

Enfin, beaucoup de sites majeurs sont actuellement recouverts par la végétation et tous à peu près totalement épuisés par un ramassage intensif.

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A l’époque où les gisements étaient les plus productifs, c’est-à-dire la fin du XIXème siècle, les paléontologues de l’équipe grenobloise dirigée par W. Kilian avaient distingué deux biofaciès dans le bassin vocontien :

 - un biofaciès occidental correspondant à la région éponyme de l’étage aptien (Vaucluse et ouest des Alpes de Haute Provence) caractérisé, en ce qui concerne la faune d’ammonites, par la profusion des genres Aconeceras, Dufrenoyia et Cheloniceras.
Les affleurements des environs immédiats de Carniol [commune de Simiane-la-Rotonde (04)] étaient jadis les plus fossilifères de ce faciès, dont les principaux éléments, très appauvris, se retrouvent en Basse Provence (environ de Marseille et de Cassis).

- un biofaciès oriental largement développé au cœur du bassin. Ce type est caractérisé par l’abondance des ammonites à coquilles fines et lisses : genres Hypophylloceras, Salfeldiella, Eogaudryceras, Eotetragonites…
Il correspond à la faune des sites classiques des environs de Barrême, Moriez, St André-Les-Alpes…

Cette distinction entre les biofaciès occidental et oriental doit être corrigée par le fait qu’à l’est du type oriental – c’est-à-dire aux confins des Alpes Maritimes – réapparaissent les éléments occidentaux. En fait, les deux biofaciès d’ammonites correspondent plus exactement à un biofaciès de plateforme et un biofaciès plus interne par rapport au bassin.

Il existe donc, pour un même horizon stratigraphique, une variation notable dans la composition de la faune d’ammonites d’un point du bassin à l’autre.

En fait, tous les éléments de l’ammonitofaune aptienne correspondant à un niveau donné se rencontrent dans toutes les parties du bassin, mais dans des proportions variables suivant la situation géographique. Le détail de cette répartition des ammonites a fait l’objet d’abondants commentaires de la part de W. Kilian, notamment à l’occasion de la réunion extraordinaire de la Société Géologique de France dans les Basses-Alpes en 1895.

Un autre élément est intervenu pour rendre plus complexe l’analyse spatiotemporelle de cette faune d’ammonites : l’abondance extrême des espèces et des individus a entraîné, par l’accumulation des cadavres, une eutrophisation générale, mais non synchrone, du bassin vocontien. Une étude sédimentologique très complète de celui-ci a été effectuée par J. G. Breheret en 1997.

 

En tenant compte simultanément de toutes ces données, il a été possible, à partir de l’analyse faunique portant sur environ 15 000 spécimens, à l’époque où les sites étaient suffisamment fossilifères, de dresser un tableau virtuel (tableau 1tableau 2) de la succession hémèrale de l’ammonitofaune aptienne du bassin.

 

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L’Atlas des faunes d’ammonites représentatives de l’Aptien du sud-est de la France, est complété par des refigurations de spécimens types et de données bibliographiques.

Les clichés ont été réalisés au cours des années 1970 par le laboratoire photographie que l’Ecole Normale Supérieure de Paris.